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LA GRANDE DÉMONSTRATION SCIENTIFIQUE DE TACITE EN TANT QUE ‘’DIRECTEUR DE RECHERCHE’’

septembre 1st, 2016 by educsociete

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[…]
Tout chef ayant à la rigueur au moins un valet circonstanciel, celui de Cheftiet était Taali. Un jour, Cinoque qui disait en l’absence de Taali du cercle de récréation lieu habituel des manigances abjectes, ne pas s’étonner des fourberies de ce dernier, révéla que le nom Taali tenait de la tradition esclavagiste bédouine et qu’il désignait l’esclave. Vrai ou faut peu importait car les cercles de récréation des écoles, lieux des palabres des maîtres, sont réputés être de sales incubateurs de calomnies fratricides. Ce qui pouvait se voir dans la réalité était que Taali tenait auprès de Cheftiet les mêmes fonctions que tenait Cheftiet auprès de Granfched. Le même Taali, lors d’un autre cercle de récréation avait soutenu contre son patron Cheftiet que ce dernier bien qu’ayant l’ouïe d’un chat n’usait en fait que d’une seule de ses oreilles dans le traitement courant de ses affaires propres ou celles de l’école. Ce jugement rendit Cinoque perplexe. Il demanda à Taali d’étayer son propos. Taali reprit : «je veux vous faire comprendre que si vous vous entretenez avec Cheftiet, il n’accorde de crédit qu’au premier mot que vous prononcé. Si votre discours comporte un sujet, un verbe et un complément, c’est le sujet qui attirera son attention. Par contre, si votre phrase débutait par un complément, ce complément serait le point focal de sa pensée profonde. Dans la construction d’un discours, si vous inversiez l’emplacement ordinaire de l’introduction et de la conclusion, Cheftiet ne s’intéresserait qu’à la partie mise en avant. Pour me résumer, je pourrais dire sans me tromper que Cheftiet est un impulsif de premier ordre du fait qu’il s’attache toujours et seulement aux manifestations de surface, dans un contexte, ou une situation donnée. »

Un jour, Taali sans égard, rapporta à Cheftiet que Tacite gaspillait de la craie. Qu’il en offrait à tout élève qui lui en faisait la demande. Aussitôt dit aussitôt cru, Cheftiet s’arracha de sa chaise, sortit de son bureau, commença un tour des classes qui
le conduisit à Tacite. Ici, débuta un dialogue de sourd :

- je viens, avait dit Cheftiet, attirer votre attention que nous n’avons pas de craie pour les enfants.
- Je ne comprends pas, avait répondu Tacite.
- Vous gaspillez de la craie, vous ne pouvez pas en donner à tous les élèves.
- Une boite de craie dure à peu près un mois.
- Oui, mais ça doit aller au de là.
- Ce n’est pas évident.
- C’est l’évidence même.
- Qu’est – ce qui vous le faites dire ?
- Je le sais par expérience, avait conclu Cheftiet.
- Je verrai, lui avait rétorqué Tacite.»

Tacite joignit l’acte à la parole. Méticuleux qu’il était, Tacite entreprit de vérifier si Cheftiet avait bien raison. Si une boîte de craie blanche ordinaire, à l’usage, durait au - delà d’un mois. Tacite tenait une classe de CM2 organisée en groupes de travail. Il en choisit deux groupes de cinq élèves chacun pour les associer à son projet de recherche. Il commença par les briefer de l’objet et de l’objectif du projet, élabora avec eux le questionnaire d’enquête qu’ils devaient renseigner auprès des maîtres des classes ciblées dont deux Cours moyens deuxième année (CM2), deux Cours moyens première année (CM1) et un Cours élémentaire deuxième année (CE2), soit un échantillon de cinq classes sur les douze que comptait l’école de Yamar Pody. Les petits chercheurs en herbe furent chargés de la cueillette d’informations et de petits travaux de mesure, de calcul, de classement, et d’écriture. Leur engouement dénotait la volonté manifeste de leur maître de faire parler rigoureusement les chiffres pour battre en brèche la vérité toute empirique de Cheftiet.

Poussé à la formalise scientifique, même élémentaire, qui ne trouverait du plaisir à fouetter sa défaillante curiosité pour défaire les imbroglios quelconques d’une béate vérité?

Les chercheurs en herbe voulaient déterminer la consommation moyenne mensuelle en craie blanche à Yamar Pody. Leurs questions parurent sortir de l’ordinaire :

« Monsieur, combien de centimètres mesurent le bâton de craie que vous employez couramment ? Combien de bâtons de craie blanche utilisez – vous en classe dans la journée, en une semaine, en un mois ? »

Ces questions prirent les maîtres au dépourvu. Car, pour eux, l’essentiel était d’en user et d’en demander au besoin. Cela allait de soi  car barre de poussière qui s’effritait à l’usage et finissait dans l’air, la valeur intrinsèque de la craie serait négligeable si elle ne traçait pas au tableau, par nécessité pédagogique, les références symboliques à graver dans la mémoire des tout - petits; si elle ne nous servait pas de support scriptural dans l’expression effective de nos représentations. La consommation de la craie blanche à l’école élémentaire où tout, ou presque, s’écrit au tableau attire rarement les attentions. C’est ce qu’ont pu révéler les questions posées aux maîtres.

A Yamar Pody, le tableau des classes était moyennement lisse. Les maîtres se servaient, à sec ou mouillé, d’une variété de craies. Celle couramment utilisée, cylindrique, légère avec 38,465 cm3 de volume, avait 7 cm de diamètre et 8 cm de longueur. Un bâton de craie d’une telle longueur écrivait, en moyenne 20 lignes sur une distance de 140 cm. Une ligne d‘écriture faisait 9 mots d’une longueur de 12 cm chacun, en moyenne. Par la suite le constat établit que la longueur usuelle d’un bâton de craie était de 7 cm. Car, il en restait toujours un bout résiduel d’un centimètre (1 cm) environ qui jonchait le fond de la boîte de craie. Tout compte fait, et le degré de porosité mis de côté, une barre de craie écrivait 180 mots.

Après une matinée de cours, la tendance dégagée dans la consommation de la craie blanche au niveau des classes ciblées était de 5 bâtons auxquels s’ajoutait une marge d’un bâton représentant la part d’usage qu’en faisaient les élèves interrogés au tableau. En réalité, les classes ciblées consommaient 6 bâtons de craie par jour de cours, c’est-à-dire les 6 /100 de bâtons de craie contenus dans une boîte de craie. Cette consommation devait être rapportée au temps de travail hebdomadaire et mensuel qu’effectuaient réellement les classes dites traditionnelles. Ces classes travaillaient du lundi au vendredi, 5 jours effectifs, pour la semaine ; 20 jours pour le mois. En une semaine, une classe de CM 2 usait de 30 bâtons de craie. En un mois, elle en consommait 120 bâtons. Ce résultat était quasi général pour toutes les classes ciblées. II se produisait donc un dépassement de 20 bâtons sur le contenu d’une boîte de craie qui n’en comptait que 100. Arrivé à cette conclusion, Tacite écrivit un article sur la consommation de la craie blanche à l’école élémentaire et le publia dans son journal dénommé : « L’œil du praticien ». Chaque maître reçut un exemplaire de cet article, Cheftiet aussi.

Ce mini travail de recherche effectué par ses élèves souleva d’honneur le cœur de Tacite. II organisa à leur intention une collation étendue au reste de la classe. Les élèves s’épanouirent dans une atmosphère de fête, remercièrent leur maître de sa gentillesse et lui exprimèrent leur souhait de participer à d’autres études encore.

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