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POUR UN ENSEIGNEMENT POUR TOUS

février 15th, 2016 by educsociete

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Les récents redéploiements d’enseignants survenus à Thiès ont fait sortir certains de la corporation de leur gond. A tort ou à raison ?

Depuis la mutation de la ville de Thiès de ville ouvrière, focalisée par le chemin de fer, en ‘’ville scolaire’’, née de la prolifération des établissements d’enseignement, Thiès est devenue une cité policée d’enseignants. Pour l’évidence, pointez – vous, aux heures de montée ou de descente des classes, sur quelques-unes des ruelles des quartiers populeux qui cernent le centre – ville. Des marées de potaches de tout âge, le sac en bandoulière, vous en convainquent : Thiès est devenue une cité d’enseignants.

Par défaut, tout enseignant de Thiès est thièssois– résidant –permanent, un sédentaire. Cette sédentarité ‘’Thièssoise’’ des enseignants est naturellement soutenue par les conditions de fixités relationnelles : le résident est chez lui, entouré des biens et services qui lui garantissent une stabilité sociale (ses enfants sont déjà inscrits dans des écoles et il a aussi contracté diverses charges).

Hors de cet espace connu, il se trouve déboussolé. Pour lui, le redéploiement est source de désagréments inutiles, la douche froide de janvier qui vient sidérer les relents pédagogiques d’octobre : « Voyons, comment peut – on être spolié, pour raison de redéploiement, d’un poste acquis légalement par compétition nationale, s’interroge un enseignant? Il s’y ajoute, fait – il remarquer, les traitements préférentiels qui n’y manquent pas.»Tout ceci a fait monter la moutarde à Thiès chez une partie des enseignants, mais à tort peut – être.

A TORT :
Thiès, capitale éponyme de la région, est garante de « l’éducation pour tous » par l’inspection d’académie, dans les recoins les plus proches comme les plus éloignés de ses départements tels que Mbour, Thiès et Tivaouane. Le souci d’équité dans les enseignements – apprentissages veut l’équilibre dans le déploiement du personnel enseignant dans les structures scolaires départementales et communales; mais la mobilité des enseignants par voie de mutations et autres rame à contre-courant de cette volonté. Dès lors une scission quasi incontrôlable s’opère entre le centre et la périphérie dans la distribution géographique des enseignants.

Le déplacement du personnel enseignant dans l’espace géographique prend, quelquefois, les contours d’un exode. Ceux de la périphérie, c’est-à-dire des trois départements (Thiès, Mbour et Tivaouane) convoitent le centre, la ville de Thiès. Il se produit finalement de réelles concentrations d’effectifs enseignants çà et là dans certains établissements scolaires publics, une véritable congestion. Un milieu en congestion n’est pas un milieu aéré, oxygéné. C’est un milieu en asphyxie, improductif pour un service. Pour nouer ou renouer avec la productivité dans ce cas, il y a lieu de le décongestionner. Ceci justifie l’opération de redéploiement d’enseignants survenue à Thiès – ville, qui a touché nomment professeurs et surveillants, et qui est vue (à tort d’ailleurs) par certains de la corporation comme ‘’la douche froide de janvier’’. Que nenni !

Pendant que dans quelques lycées et collèges de Thiès, des professeurs engagés dans la défense de la corporation s’égosillent dans un sens ,compris d’ailleurs par des parents d’élèves comme le discours routinier de la préservation de leurs engagements pris auprès des établissements privés de la ville, certains de leurs camarades s’évertuent à faire de leur mieux pour assurer à leurs élèves un enseignement de qualité dans la sérénité. Au jugement des mêmes parents d’élèves, ces derniers ne se barrent pas derrière un rideau d’égocentrisme.
Est – il raisonnable, d’accepter les compromis compromettant l’intérêt général dans l’édification d’un système éducatif équitable, de laisser vaquer des classes à la périphérie au profit de celles du centre, de priver par exemple de professeurs ou de surveillants les lycées ou collèges de Bayakh (IEF Thiès – Département), de Lam – Lam Gare (IEF Tivaouane), de Diass (IEF Mbour 1), parce que la corporation ou une partie de la corporation est fort de ses muscles pour engager un bras de fer contre la tutelle chargée de la matérialisation « d’un enseignement équitable » ?Dans cette situation, pour faire entendre raison, il faut déployer l’énorme diplomatie nécessaire à la parade de la plus simple ‘’masla’’ (compromis), insidieux bouclier commun, corrupteur de système.

Le hic, ici, dans la question du redéploiement des enseignants c’est que l’intérêt de la corporation est en réel déphasage avec l’intérêt commun. Et, l’on se discrédite de la cause que l’on défend si mal. Autant la corporation a le devoir de mettre en avant l’intérêt des siens, dans cette affaire, autant la hiérarchie a l’autorité d’impulser l’égalité des chances dans le secteur qui est le sien. En attendant la suite des évènements, osons espérer que la corporation finira par mettre de l’eau dans son vin puisque le train de « l’éducation pour tous » ne va pas s’arrêter à la gare de Thiès, ici et maintenant.

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