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Le Billet De Ramadan De Témerarius. RAMADAN MOUBARAK

juillet 6th, 2015 by educsociete

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Le Billet De Ramadan De Témerarius.

RAMADAN MOUBARAK

Tous les vrais pieux de la nouvelle école islamique africanisant pour sénégaliser savent que ramadan moubarak est le grand mois de la baraka : tout y passe; tout y réussi ; tout s’y réalise à merveille, même les tentations les plus impies notamment la Contre – Réforme des sermons visant les imams de quartier. Ça, les crédules le savent, les plus crédules des crédules le savent. Dany aussi le sait, Dany l’éminent prêcheur en islam. Il va le mettre en pratique à sa manière dans son quartier.

En huitième génération de converti à islam, il prend dûment le titre de Cheikh (Chef en arabe) parce qu’ayant acquis, d’abord l’abécédaire de la religion dans des conditions exécrables de tant d’années de pérégrination studieuse qui lui ont fait découvrir les arcanes et les pratiques de sa religion dans la région et dans la sous-région, dans le voisinage immédiat, en campagne tout comme en ville, à la suite de son vénéré maître , portant sa planchette en bandoulière ; mais aussi ayant dans le sang deux cent quarante années de tradition islamique familiale sous la bannière africaine sénégalaise. Il peut être imam comme tout le monde sinon plus que l’imam de tutelle dans son quartier vu son background, son cursus. Fondant son honneur sur ce curriculum vitae intériorisé, il lui parait normal de monter une conspiration.

Humblement alors, mais de manière décisive, Cheikh va à la conquête politique du trône de la mosquée de son quartier. Le ramadan moubarak peut bien l’y aider car c’est l’unique période durant laquelle les forces s’épuisent sous le poids du sacerdoce obligeant l’imam attitré au partage de sa fonction. Lui, d’ordinaire si loin du cercle des privilégiés de l’imam qui ont accès au micro pour s’adresser à la masse des fidèles peut en la circonstance jouer le rôle d’un troisième ‘’larron’’. En politicien sobre dans un milieu de croyants, il choisit ‘’Al Houda (la voie)’’ comme format de communication furtive avant la prière de 17 heures.

Intentionnellement, subtilement, le discours bien orienté, émotif et persuasif à volonté, il prend le parti de l’apaisement psychologique de l’angoisse existentielle de ses auditeurs. Tel un pêcheur en mer étendant petit à petit son filet sans se presser, il les prend un à un dans les mailles de son énonciation. Et, les jeûneurs, épris de sainteté et avides de discours ontologiques de piété qui les rassurent sur leur quotidien et leur lendemain, se laissent gagner par une quiétude artificielle. Leur émerveillement devant l’orateur, contracte à leurs yeux la durée réelle du temps. Ils repartent de la mosquée satisfaits, religieusement requinqués. Certains insinuant même que le bâton de l’imamat revient de droit à Cheikh. Les jours se suivent et Cheikh continue son manège.

Il mène à bien son action. L’écho lui en revient du quartier. Il procède à une évaluation de l’effet de ses sermons sur les fidèles. Seul avec sa conscience, il se dit : « Ceci est mon premier plan d’action, objectif atteint ! »

Au second plan d’action, il entreprend le porte – à – porte pour accroître son affabilité. Il cherche et trouve l’astuce dans la sunna (tradition islamique) qu’aller à la mosquée par un chemin et en revenir par un autre augmente la récompense divine. Il en fait une pratique au quotidien, changeant de parcours matin et soir, à l’aller comme au retour. Il arrive à réaliser ainsi son dessein de se rapprocher socialement des habitants du quartier soit par le cousinage à plaisanterie ou par la relation de voisinage (argument bien fondé en islam dans le raffermissement des liens sociaux).

Comme il est relativement jeune et âgé de 30 à 40 ans, environ il y trouve une raison de rendre expressif son menton glabre des coups de rasoirs pour mieux ressembler à un barbu d’orient. Carrément, il laisse pousser sa barbe et la toison couvrit le menton jusqu’aux tempes. Il faut le voir la jouer devant les fidèles par une gestuelle bien calculée du menton pour se rendre bien compte de sa bonne maîtrise de l’art oratoire suivant le code islamique. Le casting est bon ! Parmi les fidèles, ce sont les jeunes ouvriers et artisans qui se montrent d’abord réceptifs à son discours. Machinalement, ils le suivent dans son look, laissant pousser leur barbe à souhait et devenant assidus à la causerie religieuse ‘’ Al Houda’’ La mayonnaise ayant pris, dès 16 heures les gens s’empressent d’être au rendez – vous à la mosquée. Cheikh y gagna en notoriété.

Un soir, un étudiant du quartier en première année de sociologie venu rendre visite à ses parents, suit ses camarades à la mosquée. Il trouve l’occasion d’interroger l’éminent orateur sur ce que dit l’islam de l’hypocrisie. Le grand prêcheur en islam trouve la question mal venue. Il interpelle l’étudiant:

- Jeune homme, es – tu le fils de l’imam ? demande nerveusement l’orateur.
- Non. Dit le jeune homme surpris par la réaction du prêcheur.
- C’est un étudiant ; il est venu voir ses parents. Dit un de ses camarades
- Si mon sermon te dérange, jeune homme, c’est que tu ne connais rien dans ta religion. Réplique l’orateur.

Cette scène incongrue laisse l’assistance coite quelques secondes. Elle est rapportée à l’imam. Ce dernier appelle en consultation ses adjoints directs. Ensemble, ils décident de la convocation de Cheikh pour explication. Il y défère:

- Cheikh, meilleur orateur de notre mosquée, en quoi le nom de l’imam peut – t – il être associé à une question de quelqu’un, par ailleurs jeune héritier de Socrate, formé à bas âge à l’école française aux approches contradictoires par la thèse et l’antithèse? Demande le premier adjoint de l’imam.
- Il a osé me poser une question. Répond le grand orateur.
- Quel islam pratiquez – vous d’ailleurs, l’ancien ou le nouveau ? Demande le second adjoint de l’imam.
- Le nouveau. Répond Cheikh, sans égard.
- Si c’est le nouveau, la question de l’apprenti philosophe ne devrait pas vous effaroucher autant. Intervient le troisième adjoint.
- Désormais, décrète l’imam, bien que vous soyez un éminent prêcheur du quartier, je vous défends de prier en première ligne dans notre mosquée à plus forte raison d’y toucher le micro.

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