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Grogne collégien.

avril 8th, 2015 by educsociete

 DK

 

Grogne  collégien.

Un collégien  en classe de 3e appelé  à la montée des couleurs  dans son établissement  s’offusque. En substance, il dit : « On nous oblige au respect de la montée  du drapeau  alors qu’on refuserait de répondre à l’appel  à la prière d’un  muezzin. »  Quel sens  donner à ce propos d’apparence  banale?                                                                                                                               De quelle   rhétorique s’origine un tel  discours ?

La levée des couleurs dans les établissements scolaires revêt une fonction didactique : familiariser les élèves au drapeau national, leur apprendre le respect qui lui est dû, leur donner l’amour de la nation à travers les couleurs nationales, bref, leur apprendre le civisme, vertu cardinale de la République. La levée des couleurs, le  Président de la république, Macky Sall, l’a inscrite dans son agenda mensuel. Chaque premier  lundi  du mois, entouré des  membres  du gouvernement il y assiste. Le relayant dans l’institution scolaire, le ministre de l’Education national, Serigne Mbaye Thiam lors de sa visite au Collège d’enseignement moyen (CEM)  de Scat Urbam, a demandé  aux établissements  scolaires de la  faire journellement. Il existe donc un souci de faire du Sénégalais un bon citoyen.

C’est au regard de ce souci de développer chez le jeune citoyen le sentiment civique que le propos en occurrence prend sens car,  en discours, la signification est oppositive. Si l’on dit que le drapeau national mérite l’attention qu’on lui porte  on exprime par la même occasion  son importance. Par contre si l’on dit que le drapeau national ne mérite pas l’attention qu’on lui porte  on lui dénie  tout intérêt. En  établissant un jugement de valeur entre un  drapeau national et l’appel à la prière d’un muezzin dans un contexte  scolaire on met en parallèle, peut – être par mégarde,  un sentiment  à caractère républicain parce que  se référant à la République, à la Nation, donc national,  à un sentiment confessionnel   individuel par nature en ce que chacun chérit intérieurement  son dieu quel qu’il soit (la foi est d’abord personnelle : question de croyance) et relativement  communautaire (sauf  utopie, sinon on peut retenir de l’histoire de l’humanité que le dieu d’une communauté religieuse  n’a jamais été égal à la somme des dieux possibles sur l’étendue de la terre). En tout état de cause, le citoyen ne se définit  pas par sa religion. C’est le  sens que  transmet le drapeau national et que l’institution scolaire  se  charge   de véhiculer.

Dans les normes, le mur de clôture de l’école, les quatre murs des salles de classe et les enseignements  dispensés devraient constituer (tout au moins) la barrière symbolique  qui décale l’institution scolaire des valeurs et considérations métaphysiques particularisées. C’est-à-dire les références confessionnelles  portées  psychologiquement  par  un obscurantisme  profond, celui de l’amalgame et de la démesure fortifié très souvent par des discours de mosquée  de  bas niveau intellectuel et théologique (en général nos rhéteurs en théologie les plus en verve sur  les plateaux de télévision et ailleurs sont en retard  d’un cran sur leur bibliographie)  dans  lesquels la propagande islamiste se  connote.                         Un tel environnement discursif  pèse lourdement sur les jeunes qui, au final,  s’engouffrent  dans des univers utopiques dont ils ont  hâte d’exprimer les valeurs. C’est en cela qu’il faut voir dans ce discours  ordinaire   un état d’esprit  ambiant d’aspect islamiste.

Cet état d’esprit  est plus général qu’on ne le croit. Jugez-en  par la levée de boucliers au Sénégal  engendrée  par  l’affaire du Charlie hebdo en France, sans parler de la ruée dans les brancards, à  Dakar et ailleurs, à la suite d’une publication universitaire : « Le Coran et la culture grecque » du professeur Sankharé de l’Université Cheikh  Anta  Diop de Dakar (UCAD).  L’impression se dégage que tout bon musulman  sénégalais  doit gober  n’importe quel discours  religieux,  même les plus étriqués ou à défaut se taire (la culture du silence oblige). Ainsi, faute d’interventions calibrées en face, pour relever   le niveau de traitement des questions religieuses amenées par des prêcheurs  non spécialistes des sujets qu’ils prétendent maîtriser, parce que n’en disposant pas de certificats avérés, ce sont les fioritures  d’un  discours  frontal qui font effet sur la conscience de la  population. Conséquence : une osmose confessionnelle  des consciences se produit laissant le champ libre à l’amalgame. La sphère scolaire y fait  écho. Le transfert est direct :les croyances sont prises   pour des certitudes, l’élan confessionnel  rabroue  les formes de solidarité citoyenne,  le sens civique est rabattu, la laïcité est prise au collet pour écorcher la République  en vue  d’insertion de code culturel qui est en train de mettre à feu et à sang son univers originel, le monde arabe (tout le monde sait que ‘’islam’’ ne veut pas dire ‘’paix’’ dans  cette partie du monde engagée dans une guerre des minarets sans issue qui oppose les , chiites  aux  sunnites,  dont l’enjeu est la  redistribution des  cartes  dans  les zones d’influence de l’islam).

L’observation  de la rue permet de confirmer cette osmose confessionnelle  des consciences. Le chapelet en est l’indice. D’accessoire magique des ‘’grands soufis’’ de l’ère mythique islamique, il devient dans la main de ‘’monsieur – tout – le monde ‘’  c’est-à-dire les gens de la rue, le   grand objet fétiche des solutions magiques aux tracasseries existentiels de l’ère Internet. Chacun avec son chapelet se voit dans la peau d’un saint, d’un soufi pratiquant le mysticisme à fond pour avoir l’Eldorado à ses pieds : un diplôme, un emploi, ou le jackpot à la loterie. Dans un pareil état d’esprit la comparaison entre le  drapeau  national  et l’appel à la prière d’un muezzin va de soi. Car, en   réalité, au lieu  d’une complémentarité deux consciences symboliques en présence dans le discours sont  en conflit : la conscience symbolique  citoyenne et celle symbolique confessionnelle. Si  la préférence va pour la  dernière,   dans un contexte  scolaire  il y  a  déséquilibre et cela peut affecter négativement l’institution scolaire.

Somme toute,  l’école est un milieu très ouvert aux influences  multiformes qui traversent la société. Mais sa position d’institution scolaire  lui confère une fonction normative. L’école a la  mission d’éduquer  le  corps social suivant un référentiel national qui promeut les valeurs de la République.  L’opposition aux valeurs civiques  dans un contexte scolaire est un  écart.

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