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L’Afrique noire et le Monde arabe: l’histoire par le fil et l’aiguille. Educsociete.blogvie .com vous en donne une lecture de la Revue Autrepart sous la plume de Emmanuel Grégoire (Directeur de recherche IRD, laboratoire « Sociétés du Sud et développement ».) et Jean Schmitz (Chargé de recherche IRD, Centre d’études africaines.) dans Autrepart (16), 2000 : 5- 20 / format pdf. Suite 1:Des temps anciens au temps présent.

juin 25th, 2014 by educsociete

Dian

Des temps anciens au temps présent.

Le passé atteste que le Sahara a toujours joué un rôle intermédiaire entre l’Afrique du Nord et l’Afrique noire : avant même l’époque romaine, des routes de chars le traversaient, comme en témoignent différents sites archéologiques. Un de ces axes partait du golfe de Syrte (Libye) et conduisait dans la région de Gao sur le Niger en passant par le Fezzan, le Tassili des Ajjers, le Hoggar et l’Adrâr des Iforas. L’autre partait du Sud marocain, traversait l’Adrâr mauritanien pour aboutir également sur les rives du Niger (environs de Goundam). Si ces routes transsahariennes étaient sans doute à l’origine militaires, on peut raisonnablement supposer qu’elles étaient aussi l’objet d’un trafic caravanier, certes vraisemblablement très réduit [Lhote, 1984].

L’introduction du chameau, qui remonte peu avant l’ère chrétienne, facilita le développement des échanges transsahariens, cet animal bien adapté au contexte climatique et géographique étant utilisé tant pour le déplacement des personnes que des marchandises mais aussi à des fins guerrières. Au fil des siècles se succédèrent, au Sahel, une série d’empires (Ghâna, empires du Mali puis de Gao) qui devaient leur puissance au commerce transsaharien et plus particulièrement à l’or rapporté au Maghreb par des commerçants nord-africains. Des villes très anciennes  comme Tombouctou et Djenné bénéficièrent de l’essor de ces échanges et devinrent de véritables ports des caravanes sahariennes. Jean Schmitz rappelle qu’aux XVIIIe et XIXe siècles, est apparue toute une série d’États musulmans plus territorialisés à l’extrémité des couloirs méridiens du commerce transsaharien [Monod, 1968]. Plus à l’est, des cités comme Agadès, Zinder, Katsina et Kano se développèrent en devenant des étapes ou les points de convergence des réseaux marchands et des flux qui reliaient le pays hausa à la Tripolitaine et à la Cyrénaïque. Enfin, l’empire du Bornou tissa des liens avec ces deux provinces libyennes à travers le Fezzan : Karine Bennafla mentionne des migrations arabes venues de l’est dès le XIVe siècle et évoque la route du pèlerinage à La Mecque qui est encore empruntée de nos jours et qui traverse l’Afrique de l’Ouest des rives de l’Atlantique à la mer Rouge.

Loin de constituer une mer de sable infranchissable, le Sahara était donc parcouru par une multitude de caravanes qui se livraient à des négoces variés. Les commerçants apportaient, en provenance du Nord, des objets manufacturés (tissus, soieries, bimbeloterie, sucre, armes, tabac du Touât, parfums, etc.), tandis qu’ils y ramenaient des plumes et des dépouilles d’autruches, des peaux tannées, de la poudre d’or, de l’ivoire, des couvertures en coton, des médicaments relevant de la pharmacopée africaine et des esclaves. Les estimations de la traite esclavagiste chiffrent à 65 000 le nombre de ressortissants d’Afrique noire dirigés vers l’Algérie entre 1700 et 1880 contre 400 000 en Libye (la Grande-Bretagne abolit l’esclavage en 1833, la France en 1848 [Austen, 1979]).

Le XIXe siècle fut aussi marqué par les premières expéditions européennes à l’intérieur du continent africain : Clapperton, parti de Tripoli, atteignit le Tchad en 1823 puis le Niger en 1825-1827. Trois ans plus tard, René Caillé rallia, à pied, Dakar à Tanger en passant par Tombouctou, cité religieuse d’où aucun Européen n’avait pu repartir jusqu’alors vivant1.  Quelque temps plus tard, l’Allemand Heinrich Barth parcourut, durant cinq ans, le Soudan où il accumula de précieuses informations qui seront utilisées par les missions militaires qui précédèrent laconquête coloniale [Barth, 1965].

La pénétration française ne se fit pas sans difficulté, notamment en pays touareg, où le massacre de la mission du colonel Flatters par des Touaregs Kel Ahaggar (1881) la retarda d’une vingtaine d’années, comme le fait observer André Bourgeot, cette opération étant réalisée à l’instigation des négociants tripolitains et ghadamésiens qui craignaient que leur hégémonie sur le commerce transsaharien central ne soit menacée. Ce furent ensuite la révolte de Firhun, amenokal des Oulliminden Kel Ataram, allié aux tribus du Gourma et de Dori (1916), puis, la même année, l’assassinat du révérend père Charles de Foucauld à Tamanrasset par des groupes Kel Ahaggar. Enfin, ce fut le guerre menée par le chef Kaocen aidé de troupes senoussistes qui reprirent l’Aïr et firent le siège de la garnison française d’Agadès avec l’appui du sultan Tegama (cet encerclement ne fut levé qu’au bout de trois mois grâce au renfort de colonnes venues de Menaka, de Zinder et du Sahara algérien). Ces mouvements de dissidence, qui ne furent définitivement jugulés qu’au  début des années trente, entendaient s’opposer à la domination française qui aliénait à la fois l’indépendance et la liberté de mouvement des Touaregs, leur ôtait une grande partie de leurs moyens d’existence (cessation des rezzous) et risquait aussi d’affecter le commerce transsaharien dont ils étaient les guides et les caravaniers, les négociants arabes étant leurs commanditaires.

Cette dernière crainte était fondée car les grands courants d’échanges à travers le Sahara périclitèrent avec son morcellement politique et administratif : alors que l’Italie s’emparait de la Libye en chassant l’occupant turc, la France procédait à l’éclatement de ce vaste territoire en le scindant en trois grands ensembles : l’Algérie, l’Afrique occidentale française (AOF) et l’Afrique équatoriale française (AEF). Le commerce transsaharien souffrit de la création de ces nouvelles entités politiques délimitées par des frontières arbitrairement tracées. Il fut, plus encore, affaibli par les mesures économiques prises par la France et la Grande-Bretagne qui entendaient privilégier les échanges depuis le golfe de Guinée en ouvrant de nouvelles voies de communication : la Grande-Bretagne organisa ainsi, en 1905, un service de transport gratuit par mer reliant Tripoli à Lagos d’où les marchandise regagnaient Kano par chemin de fer [Bourgeot, 1989]. Dans ce contexte défavorable au transport saharien qui était, de plus, fortement imposé à son arrivée au Sahel, seules subsistèrent les caravanes de sel conduites par les Touaregs maliens(azalay) et nigériens (taghlamt). Ces caravanes approvisionnaient, pour la première, l’oasis de Taoudeni et, pour la seconde, ceux de Bilma et de Fachi en mil, peaux et tissus. Elles rapportaient dans le Sud du sel et des dattes. La colonisation entraîna donc le déclin des liens entre Afrique noire et monde arabe de manière durable mais non leur disparition, comme le fait remarquer Karine Bennafla.

Pendant une longue partie de la période coloniale, ces zones sahariennes furent économiquement et politiquement marginales : la France s’intéressait plus au Nord de l’Algérie et aux régions sahéliennes où elle mettait en place une économie de traite qui reposait sur l’exportation des productions agricoles africaines (arachide et coton) et l’importation de biens manufacturés européens (tissus principalement). Toutefois, les campagnes de prospection minière qui se multipliaient dans le Sahara sous l’impulsion d’hommes comme Conrad Killian lui firent entrevoir les profits qu’elle pouvait tirer de la mise en valeur d’un sous-sol saharien riche en pétrole, gaz naturel et en minerais (uranium, fer, etc.). Germa alors l’idée de regrouper les territoires sahariens au sein d’une même entité : l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS) dont la création rappela que le Sahara est un espace charnière pourvu d’un rôle géostratégique indéniable.

L’OCRS, comme le décrit de manière extrêmement précise l’article d’André Bourgeot qui porte sur l’oeuvre politique méconnue du révérend père Charles de Foucauld, devait permettre à la France de s’approvisionner en énergie et en matières premières dans de bonnes conditions mais aussi, objectif moins avoué, de conserver la mainmise sur des zones d’expérimentation nucléaire 3.  L’OCRS apparut très vite comme un État dans l’État car il empiétait sur l’autorité des représentants de la France tant en Algérie qu’en Afrique noire 4. Cette organisation ne survécut pas à l’indépendance algérienne, le FLN (Front de libération nationale) dénonçant la partition de l’Algérie en rejetant le projet de détachement des zones sahariennes : la France ne s’étendrait donc jamais de Dunkerque à Tamanrasset, comme l’avait affirmé le général de Gaulle dans un discours resté célèbre.

L’accession à l’indépendance de l’Algérie et des pays d’Afrique noire (Mauritanie, Mali, Niger et Tchad) entérina définitivement la partition du Sahara 5. Si la première intensifia l’exploitation des gisements de pétrole de la région de Hassi-Messaoud pour assurer son développement 6, les nouveaux États d’Afrique noire ne mirent que progressivement en valeur leurs richesses minières : la Mauritanie procéda à de gros investissements pour exploiter ses gisements de fer de Zouérate et acheminer le minerai par chemin de fer jusqu’au port de Nouâdhibou. Le Niger, de son côté, installa, au début des années soixante-dix, une industrie d’extraction de l’uranium découvert en bordure occidentale de l’Aïr. Pour cela, il mit en place tout un réseau de routes goudronnées pour approvisionner le site en matières premières débarquées au port de Cotonou et y évacuer la production (l’uranium faisait alors l’objet d’une demande soutenue des pays occidentaux qui mettaient l’accent sur l’énergie nucléaire après le spectaculaire renchérissement du prix du pétrole). Enfin, plus récemment, le Tchad met en exploitation des gisements de pétrole (région de Doba) qui se prolongent dans le bassin du lac Tchad où des sociétés multinationales ont déjà effectué des campagnes de prospection : des forages ont été aussi entrepris dans le plateau du Djado par la firme américaine Hunt Oil qui entend se ménager de futures zones d’exploitation qui pourront, le moment venu, prendre le relais du Moyen-Orient.

Si les États créèrent des activités économiques modernes, celles-ci apparurent très vite en décalage avec l’économie réelle des populations sahariennes qui restait essentiellement pastorale, caravanière et dans une moindre mesure marchande. Nous verrons que les circuits marchands internationaux sont en train de renaître7 dans le cadre d’économies le plus souvent parallèles. Ils reposent sur les différences de production et de politiques économiques suivies par les États et leur appartenance à des zones monétaires distinctes 8. Cette reprise des relations commerciales Nord-Sud est cependant entravée par des contraintes politiques et militaires comme la guerre qui toucha le Tchad pendant près de vingt ans, les relations diplomatiques difficiles entre le Niger et la Libye dirigée depuis 1969 par l’imprévisible colonel Kadhafi, le conflit du Polisario, les rébellions touarègues et les événements politiques intérieurs algériens. Ces événements ont enfin sévèrement touché un secteur touristique pourtant prometteur. L’Algérie et, dans une moindre mesure, le Niger et la Mauritanie s’efforcèrent, au cours des années soixante-dix et quatre-vingt, de mettre en valeur leur patrimoine national : le désert, notamment le Ténéré, et les massifs du Hoggar et de l’Aïr sont des destinations convoitées par les agences de voyages européennes.

L’indépendance de l’Algérie et des anciens pays autrefois regroupés au sein de l’AOF et de l’AEF se traduisit par un transfert des rênes du pouvoir remis aux mains des nouvelles « élites » nationales. En Algérie, celles-ci étaient presque uniquement originaires du Nord tandis qu’en Afrique noire, elles venaient principalement des régions sahéliennes et non sahariennes, à l’exception de la Mauritanie. À titre d’exemple, au Niger, les populations djermas et hausa se substituèrent aux Français, la communauté touarègue se retrouvant sous-représentée dans la mesure où elle comptait dans ses rangs un faible nombre de cadres capables d’occuper des postes de responsabilités élevés, cette société ayant longtemps refusé la scolarisation de ses enfants. Cette exclusion politique – malgré le souci constant des plus hauts responsables d’effectuer un subtil dosage ethnique dans la composition des gouvernements – fut doublée, au Niger comme au Mali, d’un sentiment de mise à l’écart de l’économie moderne, ces populations n’ayant pas su s’insérer dans les nouveaux circuits économiques qui se mettaient en place. Aussi, les régions septentrionales de ces deux pays ont été, à partir des années quatre-vingt-dix, le berceau de rébellions armées animées par des groupes minoritaires arabes et touaregs pour ce qui concerne le Mali et exclusivement touaregs au Niger. Ces mouvements se traduisirent par toute une série d’opérations militaires effectuées sous forme de commandos extrêmement mobiles qui s’appuyaient sur leur connaissance fine du terrain et leur résistance physique. Ils s’en prenaient à des postes de gendarmerie, de police, voire aux forces armées nationales plus lourdement équipées et moins à l’aise dans l’environnement désertique. Le pacte national signé le 11 avril 1992 au Mali et la signature de l’accord de paix définitive au Niger (24 avril 1995) mirent officiellement fin à ces mouvements de rébellion mais le fond du « problème touareg » n’apparaît pas résolu pour autant tant cette communauté, fortement touchée dans ses moyens de subsistance même par des sécheresses répétées (perte de son cheptel 9 ), ne voit pas d’issue véritable à sa situation de sous-développement10.

Outre les rébellions touarègues, ce « Sahara mouvant », espace de turbulences politiques pour reprendre une expression d’André Bourgeot, fut touché par toute une série de conflits avivés par des rivalités géopolitiques et révélateurs de la faiblesse des contrôles étatiques sur ces zones désertiques. Dans ces guerres des sables, les nomades renouent avec les rezzous du passé comme les Goranes tchadiens qui parvinrent à chasser l’armée libyenne du Tibesti et de la bande d’Aozou et les Regueybat du Polisario qui s’opposent, depuis vingt-cinq ans, à la puissante armée marocaine pour obtenir l’indépendance de leur territoire abandonné en 1976 par les Espagnols : la consultation électorale prévue en juillet 2000 est reportée car le Maroc et les Sahraouis du front Polisario ne parviennent pas à s’entendre sur les tribus qui doivent participer à ce scrutin capital (il risque d’être repoussé à 2002 voire au-delà, de l’aveu même de l’ONU, s’il a lieu un jour). Dans ces espaces désertiques, les véhicules tout-terrain ont désormais remplacé les dromadaires. Ils permettent d’effectuer des raids audacieux et lointains, comme l’illustrent les actions menées contre les concurrents du rallye Paris-Dakar. Ils constituent désormais le principal moyen de transport saharien : des camions relient régulièrement l’Afrique noire au Maghreb, facilitant ainsi la circulation des hommes et des marchandises.

L’histoire met donc en évidence toute une série de continuités entre le monde arabe et l’Afrique noire. Avant de les examiner plus en détail pour ce qui concerne la période contemporaine, il convient de donner un aperçu des liens qu’elle a récemment tissés avec la péninsule Arabique. Comme nous le mentionnions précédemment, nous n’entendons pas limiter le champ de l’analyse au seul Maghreb mais prendre aussi en compte les relations entre les pays du golfe Persique et l’Afrique noire. Celles-ci ont pu s’intensifier grâce aux formidables progrès réalisés en matière de transport aérien mais aussi de communications, la télévision par satellites facilitant la diffusion des courants de pensée et de la langue arabe.

Leurs relations se sont limitées jusqu’à une période récente au seul pèlerinage à La Mecque: des ressortissants d’Afrique de l’Ouest, pour les plus aventureux d’entre eux, se rendaient à pied jusqu’aux lieux saints. Ils traversaient alors le continent africain d’ouest en est, le voyage s’espaçant sur de longs mois, voire plusieurs années. L’utilisation de l’avion permit, dès les années cinquante, d’organiser des pèlerinages notamment à l’occasion du Hadj ou de l’Oumra. C’est à cette période que les relations entre ces deux régions pourtant fort éloignées et sans contacts étroits auparavant commencèrent à se tisser. Elles s’intensifièrent après l’accession à l’indépendance des États d’Afrique noire et au fur et à mesure que les pays du golfe Persique engrangeaient d’importantes ressources tirées de l’exportation de leur pétrole. Les chocs pétroliers des années soixante-dix les accrurent très sensiblement si bien que des pays comme l’Arabie saoudite finirent pas s’intéresser à l’Afrique noire et y ouvrirent des représentations diplomatiques. L’objectif principal visait à accroître l’influence de l’islam, notamment le courant de pensée wahhabite dont l’Arabie saoudite est le berceau, mais aussi à y répandre la culture et la langue arabes. Simultanément, le royaume saoudien créa un fonds d’aide destiné aux pays africains. Par ce biais, il entreprit quelques opérations de développement ou effectua des dons en nature (médicaments, vivres, etc.), voire procéda à des aides budgétaires directes. Le Koweit, fort également de ses revenus pétroliers, adopta une attitude analogue, si bien qu’en signe de reconnaissance, un État aussi démuni que le Niger envoya un bataillon de cinq cents hommes combattre l’envahisseur irakien aux côtés des Occidentaux durant la guerre du Golfe. Enfin, Abou Dhabi dispose du fonds Abou Dhabi pour le développement (ADDF), et des pays comme le Qatar et l’Iran ont créé des commissions mixtes bilatérales avec le Tchad, comme le décrit Karine Bennafla. Les ONG constituent enfin, pour des pays comme l’Iran, un moyen privilégié pour assurer une présence en matière sociale : ce pays finance ainsi des structures de soins efficientes et à prix abordables au Niger.

Le déséquilibre économique entre les pays africains et de la péninsule Arabique est cependant flagrant : si les premiers connaissent une situation économique très difficile et doivent faire face à une production qui ne parvient pas à suivre une démographie galopante, les seconds sont peu peuplés et enregistrent des revenus réguliers et élevés. Dans ces conditions, l’échange ne peut être qu’inégal, comme le montre le texte d’Emmanuel Grégoire à propos des chasses africaines du prince Bandar.  pp. 6 - 12  ( A suivre…)

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1 L’Anglais Laing l’avait précédé mais y avait été assassiné.

2 E. Boissonnade, Conrad Killian, explorateur souverain, Paris, France-Empire, 1982.
3 Anonyme, Connaissance du Sahara, document Sebom, Paris, 1958.

4 P. Boilley, « L’OCRS, une tentative avortée », in Nomades et Commandants, administration et sociétés nomades dans l’ancienne AOF, Paris, Karthala, 1993 : 215-239.

5 Th. Monod, « Les bases d’une division géographique du domaine saharien », Bulletin de l’IFAN, XXX, B (1), 1968 : 269-288.

6 L. Blin, L’Algérie du Sahara au Sahel, Paris, L’Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », 1990.

7 M. Gast, « Échanges transsahariens et survie des populations locales », Écol. hum., 2, 1989 : 3-23.

8 E. Grégoire, « Sahara nigérien : terre d’échanges », Autrepart, 6, 1998 : 91-104.

9 A. Bourgeot, Les Sociétés touarègues, nomadisme, identité, résistances, Paris, Karthala, 1995.

10 A. Bourgeot, « Les rébellions touarègues : une cause perdue ? », Afrique contemporaine, 180, Paris, 1996 : 481-499.

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L’Afrique noire et le Monde arabe: l’histoire par le fil et l’aiguille. Educsociete.blogvie .com vous en donne une lecture de la Revue Autrepart sous la plume de Emmanuel Grégoire (Directeur de recherche IRD, laboratoire « Sociétés du Sud et développement ».) et Jean Schmitz (Chargé de recherche IRD, Centre d’études africaines.) dans Autrepart (16), 2000 : 5- 20 / format pdf.

juin 17th, 2014 by educsociete

 Dian

« Ce numéro d’Autrepart entend donner une vision large et diversifiée des relations entre l’Afrique blanche et noire en associant des recherches effectuées tant au nord qu’au sud du tropique du Cancer. Toutefois, nous avons jugé opportun de ne pas nous limiter au seul Maghreb et d’inclure dans le champ d’analyse l’ensemble du monde arabe, notamment les pays du golfe Persique (Arabie saoudite, Koweit, Abou-Dhabi, Émirats arabes unis, etc.). Ces derniers entretiennent en effet des liens de plus en plus étroits avec l’Afrique de l’Ouest, comme le soulignent les articles de Karine Bennafla et d’Emmanuel Grégoire. Ce n’est pas le cas des pays de la Corne de l’Afrique qui, comme la Somalie, ont depuis déjà longtemps tissé de multiples liens (notamment commerciaux) avec les pays de la mer Rouge, comme le montre le texte de Marc-Antoine Pérouse de Montclos. L’objectif ambitieux de notre appel à contributions était d’amener, d’une part, les spécialistes du monde arabe et les orientalistes et, d’autre part, les africanistes à apporter leurs éclairages respectifs avec le souci de faire appel aux différentes disciplines des sciences sociales (anthropologie, histoire, économie, géographie, linguistique, etc.). Les réponses que nous avons reçues confirment que le sujet est d’actualité mais reste encore largement inexploré par la recherche. Plusieurs raisons peuvent êtres avancées :
– Géographiques tout d’abord, dans la mesure où une thématique concernant ces espaces étendus nécessite des déplacements longs dans un contexte environnemental hostile. Les investigations demandent donc un dispositif approprié et coûteux.
– Politiques ensuite, car il est désormais difficile voire impossible de travailler dans certains pays en raison de l’insécurité qui y règne : l’Algérie est touchée par les actions du FIS et du GIA, le Nord du Mali et du Niger est encore peu sûr en dépit de la fin des rebellions touarègues, le septentrion tchadien demeure parcouru par des bandes touboues incontrôlées, la Libye et la péninsule Arabique restent fermées à la recherche, notamment en sciences sociales.
– Enfin, une tradition universitaire persistante continue de séparer les rives septentrionales des rives méridionales du Sahara : il est révélateur qu’aucun grand programme, mis à part quelques initiatives individuelles, n’ait été lancé au cours de ces dernières années sur une problématique englobant l’ensemble de ces régions. Si la recherche éprouve de réelles difficultés à les appréhender dans leur globalité, ni le sable ni les frontières n’arrêtent les grands flux marchands qui relient actuellement le Sahel au Sud maghrébin, voire le golfe de Guinée à la mer Méditerranée, perpétuant ainsi les mouvements d’échanges transsahariens précoloniaux: des hommes n’hésitent pas à affronter la rigueur d’un climat rude et d’un milieu physique inhospitalier comme le font les commerçants maures, arabes et toubous ainsi que les caravaniers touaregs qui parcourent à longueur d’année le désert au volant de leurs camions ou juchés sur leurs chameaux. De même, des jeunes originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale ne craignent pas de traverser le Sahara pour se rendre dans les villes du Maghreb (Tamanrasset, Sabha, Benghazi, Tripoli, etc.) chercher le travail qui fait tant défaut chez eux. Comme par le passé, la culture et la langue arabe trouvent aussi différents vecteurs pour se diffuser au Sud du Sahara : les langues africaines comptent ainsi de nombreux emprunts à l’arabe. Enfin, l’islam et ses courants de pensée se propagent depuis le Maghreb vers l’Afrique noire –comme le décrit Jean Schmitz – au point que certains groupes islamistes algériens comme le GIA (Groupe d’intervention armée) possèdent des ramifications au Niger où ils disposent de camps d’entraînement dans l’Azawak ou le Ténéré.
Pour dresser la toile de fond de notre étude, nous rappellerons tout d’abord quelques aspects relatifs à l’histoire des liens entre le monde arabe et l’Afrique noire, puis nous soulignerons la diversité de leurs liens actuels en nous appuyant sur les différents textes ici rassemblés ».        pp 5 – 6.   (A suivre…).

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