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L’arabe à l’école élémentaire publique : un enseignement à cloche – pied dans un cadre normé.

avril 2nd, 2013 by educsociete

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Préfaçant  A l’école du groupe , heurs et malheurs d’une innovation éducative ,   livre de Martin Gorin  axé sur un projet associatif d’innovation pédagogique , Serge Moscovici note : « [….] Enseigner quelque chose à quelqu’un et que ce quelqu’un apprenne et retienne et soit changé constitue une surprise  permanente et aussi une énigme analogue à celle de la connaissance  du monde physique , lorsque les hypothèses  de la pensée et les faits de l’expérience coïncident , si bien que la nature semble , un instant répondre à la question qu’on lui pose ».  A l’angle de ce constat, osons  un transfert pédagogique   dans le cas précis  de l’enseignement arabe à l’école élémentaire publique.   Quel enseignement pour quel profil dans l’intérêt de la cité ?              

  Une ronde des classes (du cours d’initiation, CI ;  au cours moyen, CM) fait ressortir une  nature informe, presque ambiguë d’un enseignement arabe dans un  cadre normé où une pédagogie formelle côtoie un enseignement diffus, désarticulé et sans perspective réelle   dans la formation du petit  citoyen du monde.  Chapeau , quand même , à ces vaillants  maîtres d’arabe qui veulent éduquer les élèves à leur charge sans réellement savoir où les mener et  que faire d’eux !  Eduquer et enseigner n’est pas une mince affaire en raison de l’horizon d’attente impliqué auquel  fait allusion ci – dessus Serge Moscovici .    Dans le cas de l’arabe,  qu’enseigner ? La langue et  la religion ou la langue sans la religion ? Comment s’y prendre alors  ?            

 Sur le terrain, se note  une  somme de confusions  émaillant la procédure  pédagogique  aux heures de cours  d’arabe :

1.     La classe de  C I est un cours d’initiation, fondamentale  à la  maîtrise de l’oral et de l’écrit à l’école élémentaire. Nonobstant, l’on est porté à ce demander s’il existe une  véritable démarche  psycho - pédagogique  permettant de mener à bien à ce niveau les cours  d’apprentissage de la langue (leçons  de langage)  et de la  lecture en arabe : de  la cour des écoles d’une manière générale et  aux heures  imparties à l’arabe, se lève habituellement une symphonie parfaite qui évoque le  ‘’dara’’,  c’est – à – dire  l’école coranique traditionnelle,  rythmée de la voix du marabout suivie de celle de ses disciples. Ce tumulte peut être caractéristique de défaillances méthodologiques et procédurales  dans  les  enseignements – apprentissages en arabe. Il est d’ailleurs rare de voir des élèves arriver en fin de cycle élémentaire avec une autonomie langagière et scripturaire  en arabe.   

2.     L’enseignement confessionnel  se rapporte généralement et,  sans maîtrise ( le commentaire religieux à l’heure actuelle ne peut plus faire fi du concept  de              «  civilisation  de l’universelle », l’osmose des cultures  faite  de compréhension et de tolérence interculturelle et interreligieuse ),   à des extrapolations illogiques (pour un enfant) croisant des phénomènes d’ordre ontologique ou eschatologique dans un environnement  de vie et d’espoir où l’évidence fait constater, ici, que  l’esprit  est encore en  gestation. Des contenus d’enseignement oppositifs, tacitement violents, tels que : musulman / mécréant ; vie / mort ; péché / bienfait ;  enfer / paradis , sans correspondre nécessairement à des besoins  pédagogiques  prioritaires  chez l’enfant , lui modifient  négativement ses impressions premières  de la vie et transcrivent  dans son code linguistique des expressions stéréotypées du genre : « un bébé est sans péché ; mieux vaut mourir étant bébé ou enfant pour accéder  directement au paradis ». Ce langage innocent dans la bouche d’un enfant, émane d’une force illocutoire   dénotant la lourdeur de certains contenus pédagogiques sur des esprits  frêles d’enfants, qui, au lieu de s’émanciper au contact du savoir ,  se morfondent dans l’inertie mentale  qui  peut bloquer  leurs  efforts  scolaires dans les autres matières, et pire brouiller leur rapport au monde à l’âge adulte : ‘’la semence n’aura pas produit les fruits escomptés ’’ ! 

Dès lors, il est opportun de se demander  quelle méthode d’enseignement et ‘’quelles  hypothèses  de la pensée’’ (innovations pédagogiques)  sont à promouvoir dans l’énseignement de l’arabe à l’école élémentaire  pour  faire coïncider  l’idéal  républicain  au  profil  du  citoyen  formé ?     C’est peut – être  là  une  question  sociétale  à   laquelle la République  détient  une réponse tirée des faits de l’expérience : l’espace scolaire est  un  lieu d’épanouissement  pour enfant.

Dian  Diakité                                     diakitdian@yahoo.fr

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